Borne frontière marquant la frontière belgo-luxembourgeoise, 1843

Après quatre années de travail, la Convention de Limites fixant la nouvelle frontière depuis le territoire prussien jusqu’à la mer du Nord est établie. Conclue le 7 août 1843, elle détermine de manière définitive la séparation entre le Grand-Duché de Luxembourg et la Belgique et achève de donner aux deux États leurs frontières actuelles. Nommés en vertu de l’article 6 du Traité de Londres de 1839, les dix commissaires-démarcateurs ont défini exactement le tracé de la frontière, délimité par des bornes dont l’emplacement est indiqué avec précision. Cette commission est composée de cinq membres pour les Pays-Bas et le Grand-Duché de Luxembourg :

  • Paul-Eustache-René Van Hooff (lieutenant-général)
  • Guillaume-Dominique-Aloïs Kerens de Wolfrath (commissaire de district et de milice à Maastricht, 1775-1845)
  • Etienne de Kruyff (ingénieur en chef du waterstaat, 1790-1860)
  • Michel Tock (président des contributions directes au Luxembourg)
  • François-Joseph-Charles-Marie Wirz (conseiller supérieur des travaux publics au Luxembourg, 1802-1863)

 et de cinq membres pour la Belgique :

  • André-Edouard Jolly (général-major, commandant de la province d’Anvers, 1799-1883)
  • Nicolas Berger (président du tribunal de première instance d’Arlon, 1800-1883)
  • Jean-Baptiste Vifquain (inspecteur des ponts et chaussées, 1789-1854)
  • Charles-Emmanuel-François-Joseph Grandgagnage (directeur des contributions directes, douanes et accises et du cadastre dans la province de Liège, 1782-1848)
  • Charles-Ghislain-Guillaume Vilain XIIII (membre de la Chambre des Représentants, 1803-1878)

Sur le terrain, la frontière se matérialise par 287 grandes bornes en fonte qui portent d’un côté le blason du Royaume de Belgique et de l’autre celui du Grand-Duché et par 220 bornes en pierre de taille de forme carrée. Les bornes en fonte sont creuses et coulées d’un seul jet, à l’exception du bouton qui est fixé au moyen d’un écrou vissé à l’intérieur. Chacune porte le millésime 1843 et un numéro, de 1 jusqu’à 286. Leur poids moyen est de 360 kilogrammes et leur hauteur de 2,30 m. Les bornes en pierre de taille ont 1,25 m de hauteur et ne portent aucun signe distinctif. La Société Cockerill de Liège a remporté l’adjudication pour la réalisation des bornes en fer coulé, tandis que celle de Guillaume Pescatore est désignée pour la réalisation des bornes en pierre. Enfin, l’entreprise Wolter-Richard de Strassen est choisie pour assurer leur transport, leur pose et leur peinturage. Les délais sont courts car la période de livraison s’étale sur trois mois, entre le 1er mars et le 1er mai 1844. Elle est répartie en cinq lieux : Messancy (62 bornes), Arlon (100 bornes), Martelange (40 bornes), Doncols (47 bornes), Buret (38 bornes). Les bornes sont installées entre le 15 mai au 1er septembre et l’entrepreneur est responsable de leur conservation. Sur base d’un devis estimatif, le montant total de l’entreprise a dû avoisiner les 43.640,13 francs. Au niveau budgétaire, la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg se sont partagés les coûts.

Aujourd’hui encore, les autorités locales des communes limitrophes vérifient chaque année en date du 1er mai l’état des bornes. Les frais de réparation ou de renouvellement éventuels sont à la charge du Grand-Duché et de la Belgique « qu’elle que soit la cause des accidents survenus ».

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